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Article paru dans une magasine hebdomadaire
après 1958, début des années 60
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Texte en cours de décryptage-saisie…

Dans la Maison de l'espoir retrouvé…

— Mais ce n'est pas une prison, la porte est largement. ouverte!

L'enfant, en disant cela, montait péniblement la ruelle abrupte qui s'accroche aux flancs de la colline au-dessus de Sèvres. Il avait neuf ans et s'appelait Edmond.

Maigre, rachitique, il portait aux jambes des marques mal cicatrisées encore, de longues brûlures que son père lui avait faites, dans des crises d'ivresse, avec un tisonnier rougi. Sa bouche n'était qu'un trou noir : des coups de poing avaient brisé ses dents.

Une assistante sociale l'accompagnait en le tenant par la main. Ils s'arrêtèrent devant le numéro 14 de la rue CroixBosset : une large porte trouait le long, mur d'encelnte grisâtre. A travers la porte, Edmond apercevait un jardin, un long escalier de ciment au bout duquel un vaste bâtiment, ancien monastère, bruissait de mille cris d'enfants.

— Qui t'a dit que c'était une prison ? Tu verras, c'est au contraire un gentil home d'enfants, qui n'est pas comme les autres et où tu seras heureux.

Edmond soupira, incrédule : un jugement venait de l'arracher à ses parents, déclarés indignes. Après avoir reçu quelques soins à l'hôpital, il allait être confié à cette Maison d'enfants de Sèvres, qu'il découvrait avec crainte.

Une fillette, vêtue de rouge, joyeuse et hardie, l'aperçut dans le hall, entre les poteries de céramiques que les élèves avaient eux-mêmes décorées et cuites.

Elle s'approcha et lui dit :

— Tu es nouveau ? Tu as l'air en bien mauvais état. Tu verras : ici, tu guériras.

Timide, Edmond ne répondit pas. Il entra dans le bureau de la directrice, Mme Yvonne Hagnauer, une femme qui paraissait avoir la cinquantaine ; le visage franc, ouvert et doux; à la voix ferme mais affectueuse.

— Il ne peut rien mâcher, précisa l'assistante sociale. A l'hôpital, pour l'alimenter, on ne lui donnait que du pain d'épices ramolli dans du lait.

Elle ajouta à voix basse, pour que l'enfant ne l'entendit pas :

— Il a peur de tout. Le jour, il se terre dans un coin, ne joue jamais, et parle peu; la nuit, il fait des cauchemars, pousse des cris et se réveille en sueur. Cette angoisse, insurmontable jusqu'à présent, se traduit par une incontinence qu'on n'a pu guérir. J'espère que vous y parviendrez.

La directrice se contenta de montrer de la fenêtre la nuée d'enfants qui riaient et jouaient dans la cour:

— Certains de ceux-là étaient dans un aussi piètre état lorsqu'ils sont arrivés, parfois pire. Vous les voyez, maintenant.

Et elle ajouta:

— Certaines de ces jeunes filles, surveillantes ou maîtresses, sont d'anciennes élèves qui sont restées ici, heureuses; elles ont fait leurs études, ont réussi, se sont mariées, mais elles n'ont pas voulu quitter la maison.

…/…

L'amour des bêtes prépare l'amour des hommes

Dux grands garçons de douze ans, Jean et Roger, que l'on avait appelés vinrent chercher Edmond; ils allaient lui faire connaître la maison avec moins de cérémonie que n'eût fait. une grande personne.

— Nous te menons à ta chambre, où tu seras chez toi, expliqua Jean.

— Voici la cour. Tu vois ces cages d'oiseaux et de lapins ?

— Elles sont à nous. C'est nous qui les soignons et qui les nourrissons. La directrice, tu sais qu'on ne l'appelle que Goéland, c'est un surnom, c'est elle qui le veut, elle dit que l'amour pour les bêtes développe notre amour pour les êtres humains et le respect sacré de la Vie.

— Cela nous apprend aussi la zoologie.

— Comme en classe ajouta Roger.

— Moi j'ai un pigeon ramier. Je l'appelle Hannibal. Jean a une tortue.

— Voici ta chambre, reprit Jean, tu l'habiteras avec nous. Nous sommes …/…

Nadine

La petite Nadine vient d'être admise au home de Sèvres. Comme tous les nouveaux et les nouvelles, elle est invitée à faire le tour du propriétaire. Une camarade la guide dans son nouveau domaine. Voici tout d'abord l'atelier des travaux pratiques situé dans le jardin. Ici les « grandes» apprennent le tissageà main (1) et fabriquent de belles étoles (2). A côté (3), on fait des jouets en peluche ou en feutre. Mals l'atelier le plus important, c'est celui de la couture (4). Quand l'école monte un spectacle pour la fête de fin d'année, ce sont les élèves elles-mêmes qui conçoivent et cousent les costumes. Les garçons s'Initient à l'art… ???

* * *

Si… ???

André Calas,

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