Sommaire

Construisons l'Internationale pour qu'elle réalise l'Humanité - 1 - 2 - 3 -

par Roger Hagnauer (n° ?? d'Education et Socialisme, Bruxelles, fin 1959 début 1960)

Le Monde Libertaire La Révolution Prolétarienne

PREMIERE PARTIE. - DE 1914 A 1959 DIX ANS DE GUERRE - TRENTE-CINQ ANS DE GUERRE CASQUEE.
De la faillite à l'absence et aux promesses fragiles - Négations inopportunes ... efficaces à retardement - Causes et effets de la première guerre mondiale La deuxième grande guerre.

DEUXIEME PARTIE. - LES FISSURES DU BLOC ATLANTIQUE.
Capitalisme, fascisme et réaction - L'impérialisme, dernière étape du capitalisme ? - Du plan Marshall au dollar menacé La circulation mondiale des capitaux américains - Les deux tendances américaines.

TROISIEME PARTIE. - L'ECLATEMENT POSSIBLE DU BLOC SOVIETIQUE.
Commentaires successifs... - Un capitalisme sans antithèse et sans limites - Une classe nouvelle d'exploiteurs - Le socialisme dans un seul pays - Hitler et Staline dans le bassin danubien - Assouplissement du système.

QUATRIEME PARTIE. - LES TERRES DE LA MISERE IMMENSE ET EXPLOSIVE.
Les tests qui définissent les pays sous-dé-. veloppés - Colonialisme américain Loi du profit et mission impériale - L'exemple de l'Amérique latine - Une aide trop intéressée - Le« miracle» chinois - Un programme d'aide internationale - La guerre est-elle nécessaire et fatale?

CINQUIEME PARTIE. - NOTRE INTERNATIONALE OUVRIÈRE.
La classe ouvrière s'est-elle déprolétarisée ? - Ouvrier et socialiste - Socialisme revisé - La scission internationale de 1948 - La nature de la C.I.S.L. Interventions et négations internationalistes - L'organisation de la solidarité internationale - La croisade sous la bannière de l'Internationale.


Les deux tendances américaines -

Mais cus pour parachever sa victoire. Des Alsaciens qui, pour être libérés du camp de PEisonniers. avaient opté pour l'Allemagne, en 1940, n'ont jeté leur uniforme kaki que pour revêtir la capote vert de gris ...

Ce dont il faut débattre, c'est de la valeur des termes connus de l'équation dont la solution déterminera l'issue guerrière ou pacifique.

La discordance dans l'évolution et dans le rythme de l'industrialisation du monde persiste, plus accentuée encore qu'en 1914 et en 1939. Elle pose, en effet, une double alternative, dont chacune peut se traduire par un choix entre la vie et la mort pour une des parties.

Le bloc soviétique n'aurait le choix qu'entre l'adaptation ou J'expansion politique et territoriale. Ses maîtres peuvent être contraints de choisir le deuxième terme sous la menace de perdre le pouvoir et leur raison d'être.

Les peuples de l'immènse zone sous-développée, à mesure qu'ils prennent conscience de leur malheur, peuvent encore hésiter entre une ascension progressive et une révolte brutale. Les maîtres de Moscou et de Pékin utiliseront celle-ci. 'Les dirigeants de J'Occident tenteront de favoriser celle-là. Mais la vitesse du processus dépassera leurs prévisions. Les uns pourront-ils limiter et soumettre le mouvement qu'ils auront accéléré? Les autres pourront-ils accélérer suffisamment la progression, pour que J'on évite les pauses qui renforcent dangereusement les pressions. populaires?

L'action et la orésence du totalitarisme. le conservatisme et /'inertie des démocraties ... ce sont là. en fin de compte. les causes potentielles d'un conflit mondial.

Ce qui bouleverse nos conceptions traditionnelles, c'est que la solidarité de plus en plus étendue et profonde de toutes les parties àu monde 'implique J'internationalisation de tous les problèmes et que, logiquement, cela doit aboutir à un super-impérialisme, J'univers socialiste paraissant utopique.

Mais cela implique d'abord J'exportation des capitaux, qui se serait plutôt ralentie depuis le début de la deuxième guerre mondiale. ( Compte tenu de la valeur réelle de la) monnaie, les investissements étrangers dans le monde entier n'atteignaient que 25 milliards de dollars en 1941-45, contre 44 en 1914. En 1956, pour la seule Amérique latine, 3 milliards de dollars en 1956 contre 8 milliards 500 millions en 1914, le tout ramené aux bases de 1914.)

Même si J'on pense que ce phénomène s'accompagne de super-profits et d'exploitation renforcée des travailleurs, on ne peut se réjouir d'un affaiblissement de la tendance, provoqué par des résistances passives et actives, natiomiles, soit J'étatisme, le nationalisme, J'autarcie économique, le totalitarisme.

Les peuples seront-ils toujours serrés dans le dilemme infernal: exploitation économique ou oppression politique?
Nous avons rejeté la thèse des deux blocs.
Nous ne croyons pas à une troisième force qui se placerait dans J'espace entre les deux empires. La troisième force. pour être efficace. doit au contraire pénétrer dans les fis~ sures des deux blocs. s' exercer dans le monde entier. devenir cosmopolite par son aire d'application et intemationaliste par sa pensée directrice,

Une telle définition ne convient qu'à !lnternationale ouvrière. Non pas que son succès soit fata!. Mais son insuccès laissera libre jeu à la fatalité des choses.
ClNQUIEME PARTIE
Notre Internationale Ouvrière

Pour que la classe ouvrière internationale agisse, encore faut-il qu'elle existe, objectent certains,

Et J'on ne sait s'ils doutent de la possibilité d'unir des classes ouvrières nationales. ou de la réalité d'une classe ouvrière nettement distincte dal1S la nation,
Nous n'avons pas le loisir d'ouvrir ici ce
débat. .
8-

Accordons à certains de nos contradicteurs - quelquefois nos amis - que la classe ouvrière s'est quelque peu transformée et élargie depuis cent ans. Des salariés reçoivent une rémunération au moins égale à d'importants revenus. Des travailleurs des services publics sont assujettis à un statut légal. qui n'a aucun des caractères du contrat de travail. ordinaire. Les manœuvres. des usines modernes ne ressemblent guère aux compagnons d'autrefois, maîtres de leur métier.

Nous nous en tiendrons pour aujourd'hui au terme d'exécutants que nous avons déjà utilisé. La classe ouvrière - contentons-nous de cette discrimination négative - comprend tous ceux qui ne possèdent pas les moyens de production. qlzi n'appartiennent pas aux cadres supérieurs de l'Etat et des entreprises prir'ées. Il nous suffit, pour les classer ici, qu'ils aient conscience de leur dépendance et qu'ils expriment et défendent leurs revendications dans le style et par les méthodes qui ont toujours caractérisé le mouvement ouvrier
Jja classe ouvrîère et la nation
Que ce dernier demi-siècle ait vu la classe ouvrière s'intégrer de plus en plus dahs la nation, nous voulons bien en convenir. Peutêtre sommes-nous d'ailleurs abusés par quelque mirage romantique.
Dans les pays les plus avancés, la condition ouvrière s établissait, au XIX' siècle, en marge de la « société civile ». La révolte ouvrière ne s'opposait peut-être à la nation que parce qu'elle n'y avait pas sa place. Et la formule marxiste: « les prolétaires n'ont pas de patrie» traduisait plus la volonté de se conquérir une patrie que l'ambition de s' élever au-dessus des particularités nationales. En se démocratisant, l'Etat a accordé à la classe ouvrière des droits que le capitalisme en sa première étape subordonnait à la recherche du profit. Cette démocratisation n'a affaibli la révolte ouvriere que parce qu'elle en était la conséquence directe. C'est vrai pour l'Angleterre, comme pour la France, la Belgique et les Etats-Unis. Les violences du chartisme anglais ont précédé la formation et la reconnaissance des Trade-Unions. Le syndicalisme révolutionnaire français avait déjà affirmé sa « volonté de puissance» lorsque l'on créa le Ministère du Travail, en 1906. C'est en revendiquant le suffrage universel que le prolétariat belge a constitué son Parti Ouvrier. Aux Etats-Unis, l'American Federation of Labor naquit après les grandes secousses du 1" mai 1886 ; les Codes Roosevelt - instituant en fait le droit syndical et contraignant le, patronat le plus puissant à subir la présence obligatoire des syndicats n'intervinrent qu'après la grande secousse de 1936, d'où sortit le Congrès of Industriel Organisations.
Aujourd'hui, c'est un processus semblable qui s'achève dans des pays hier colonisés, où l'organisation ouvrière a contribué à la formation de la nation, afin de se libérer de la' " sur-exploitation» coloniale.
Nous en sommes, dans nos pays, à la troisième étape. La première abaissant la classe ouvrière au-dessous de la nation; la seconde
élevant la classe ouvrière au niveau de la nation. Si J'internation se réalise par la fatale èvolution économique et technique, pourquoi la classe ouvrière ne tenterait-elle pas de se hisser au-dessus de la nation?
La classe ouvrière s'est-elle déprolétarisée ?
Deux autres révisions de nos conceptions traditionnelles nous sont proposées. La première se rapporte à la vieille classification de la classe ouvrière et du prolétariat.
Il est facile de démontrer que si l'on appelle prolétaire celui qui ne possède que sa force manuelle, à qui les maîtres n'accordent que le strict minimum pour vivre et travailler, dont le budget est absorbé presque totalement par les dépenses de nourriture, qui ne jouit d'aucune sécurité et ne peut ni prévoir, ni épargner - Je travailleur de nos pays, enfermé 'dans la condition prolétarienne au début de la révolution industrielle, en est depuis longtemps sorti, au moins dans la grande majorité des cas (14).
Cependant, la dernière « récession» américaine, si limitée qu'elle soit, a réduit au chômage jusqu'à six millions de travailleurs. Que des syndicats puissants aient réussi partiellement à lier le chômeur à l'entreprise implique que, même là-bas, la sécurité relative ne peut être maintenue que par une vigilance et une action incessantes.
En Europe occidentale, l'expansion peut provoquer une inflation amputant fortement les salaires réels - et pour limiter celle-ci, on R voulu délibérément, en France particulière· ment, comprimer au maximum la consommation intérieure. En Grande-Bretagne, des experts officiels n'ont pas craint de condamner le plein emploi qui favorise les revenclica~ions salariales et ont confirmé ainsi la thèse marxiste sur « l'armée de réserve» des travailleurs en chômage.
Même si l'on admet la « promotion » de la classe ouvrière occidentale, on ne peut nier l'existence d'une masse immense de prolétaires - au sens strict du mot - dans le monde entier.
Lénine avait souligné la constitution, dans les nations industrielles, d'une aristocratie ouvrière bénéficiant d'une fraction des surprofits de J'exploitation coloniale. Cette situation privilégiée est directement menacée par la libération des peuples ex-colonisés.
Bien au contraire, l'exportation des capitaux implique J'emploi d'une main-d'œuvre aux salaires avilis. Et dans J'empire poststalinien et surtout en Chine, au nom du
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~~'=---,<-socialisme_»,,_ol1_pratique encore le dum-
r pin8 social, c'est-à-dire la conquête de mar-
chés grâce à la compression des salaires et de la consommation intérieure,
Internationalement, la condition ouvrière du monde occidental est menacée par les conflits provoqués par la misère des masses dans les pays sous-développés ou par la survi-
vance et le renforcement du totalitarisme. Elle l'est aussi par le jeu normal de l'impérialisme capitaliste qui veut obtenir des prix concurrentiels par J'exploitation des salariés.

Là encore le dilemme se pose.
Ou la condition ouvrière des pays industriels s'alignera sur la condition prolétarienne des pays sous-développés.
Ou, par une action internationale. on tendra à élever cette condition prolétarienne jusqu'à la condition ouvrière occidentale.
C'est-à-dire que si les inégalités ont brisé une solidarité internationale abstraite, la conservation du terrain conquis impose une soLidarité internationale concrète.
Ouvrier et socialiste
Mais convient-il de joindre les deux mots ouvrier et socialiste? Ce terme-là n'a pas été plus déshonoré par toutes les variétés de national-socialisme que celui de communiste par les atrocités staliniennes. Encore faut-il s'entendre internationalement sur ce qu'il signifie,
Au temps de la Première Internationale, on ne concevait pas de mouvement ouvrier hors du socialisme (15). Est-il irrévérencieux de rappeler que Marx n'est pas son fondateur; que l'Internationale est née d'une initiative des ouvriers, de Londres et de Paris. Peutêtre aussi l'intervention en faveur de la Pologne opprimée entourait-elle d'un parfum idéaliste le berceau de l'institution.
Les luttes - quelquefois sordides - qui marquèrent la dissociation, puis la dissolution de la Première Internationale ont fait oublier que son héritage est revendiqué aussi bien par les orthodoxes marxistes que par les ~ocialistes libertaires et les syndicalistes.
La Deuxième Internationale réalisa la scission entre les premiers et les autres, Unité doctrinale consacrée à Amsterdam en 1905, qui ne rejeta pas les réformistes, comme Edouard Bernstei n ( d'A lIemagne ) et Jean Jaurès (de FranGe), pour qui, sans nul doute, le mouvement avait autant d'importance que la fin.
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La social-démocratie allemande, personnifiée par son grand théoricien Karl Kautsky, y exerçait une influence prépondérante. L'action ouvrière spontanée ne pouvait arracher que des réformes limitées, d'après les docteurs de la social-démocratie, Le socialisme marxiste devait dominer intellectuellement la classe ouvrière, ne pas accepter de partage du pouvoir politique avec la bourgeoisie, attendre que l'évolution économique et les progrès corrélatifs d'un grand parti de classe imposent à la fois les solutions socialistes et la conquête de l'Etat par le socialisme. Théoriquement, il n'y avait entre Kautsky et Lénine qu'une différence dont la gravité n'apparut qu'à l'expérience, L'un et l'autre jugeaient nécessaire la prise du pouvoir politique. Mais Kautsky voulait attendre que l'Etat tombe comme un fruit mûr dans les mains du socialisme, Lénine voulait s'emparer de l'Etat par une technique insurrectionnelle.
L'Internationale Syndicale. fondée à Amsterdam en 1905, était donc réduite à un rôle subalterne. On ne voulut même pas, pendant longtemps, convoquer de congrès, pour ne pas contrarier la direction social-démocrate. Cette conception marxiste s'opposait au système des Trade-Unions britanniques (le Labour Party n'étant, à l'origine, qu'une machine parlementaire montée par les syndicats) 'et au syndicalisme révolutionnaire français qui ne reconnaissait qu'aux syndicats la quaI(té de représentation de la classe ouvrière.
Hors de ces ,conflits doctrinaux, la spontanéité ouvrière - condamnée aussi bien par Kautsky que par Lénine - s'était manifestée, sur le plan international. par la création de secrétariats professionnels internationaux sur la base du métier ou de l'industrie, antérieurs à la Fédération Syndicale Internationale : ceüx des Chapeliers (1889), des Typographes (1892), des Mineurs (1890), de la Métallurgie (1891), des Chemins de fer (1893). des Employés (1900), etc. (17). Et, dans le Livre et chez les dockers en particulier, la solidarité s'était déjà manifestée par delà les frontières, au cours de grèves nationales.
Socilllisrnc revisé
Inutile de rappeler la carence des deux Internationales en 1914 et en 1939. Où en sommes-nous aujourd'hui?
Il ne m'appartient pas de juger l'Internationale Socialiste. Ce n'est pas cependant abuser dans la' polémique que de signaler que les deux révisions doctrinales que nous avons définies se retrouvent dans les programmes et les tendances du socialisme européen.

Puisque la classe ouvrière a pris sa place dans la nation, puisqu'eHe sort de la condition prolétarienne, le socialisme peut sans se renier s'installer à la direction de l'Etat, non SEUL, à la suite d'une prise du pouvoir déterminé par la corrélation des forces ou par une technique insurrectionnelle, mais en collaboration avec d'autres formations démocratiques.
D'autre part, le socialisme n'est plus exclusivement ouvrier. Il s'appuie sur toutes les forces dites anticapitalistes. Il doit son succès à l'adhésion d'une fraction des classes moyennes, même au préjugé favorable de capitalistes progressistes.
Ces deux révisions implicites ont {ébranlé l'unité doctrinale de l'Internationale. Chaque parti national agit selon ses possibilités et les sentiments populaires, sans obéir à des thèses formulées au sommet.
Cet assouplissement ne répugne pas aux fédéralistes impénitents que nous demeurons.
Malheureusement, ces révisions tolérable~ se prolongent en séquelles intolérables.
Une tendance fatale à s'appuyer sur les fonctionnaires de l'Etat et sur la fraction des classes moyennes qui ne peut subsister économiquement que par la protection de l'Etat. Or, ce sont là des éléments conservateurs, donc réactionnaires, qui opposent une résistance passive au progrès technique.
Une tendance, plus grave, à inclure le socialisme dans l'Etat national. c'est-à-dire à comprimer une force de progrès par des IUStitutions condamnées par le progrès technique.
Une tendance, d'autant plus périlleuse que le post-stalinisme guette les défaillances socialistes, à subordonner les revendications ouvrières aux servitudes de l'étatisme.
Une tendance catastrophique à user de la surenchère nationaliste pour triompher des autz'es partis nationaux.
La scission internationale dl' 1948
L'histoire de la Fédération Syndicale Internationale, de 1905 à 1939, n'est pas particulièrement glorieuse.
Celle de la Fédération Syndicale Mondiale, fondée en 1945, l'est encore moins. Ce fut un prolongement de l'alliance contractée en face d'Hitler par les Etats démocratiques de l'Occident et l'U.R.S.S. Les Trade-Unions britanniques, lé c.I.O. américain, les cen-
traIes française, belge, suisse, italienne,., s'y groupaient avec les syndicats de la zone soviétique.
Des historiens exposent que la scission fut provoquée par le plan Marshall. Simplification excessive. D'aucuns en tirent la conclusion que la politique américaine exigeait la scission comme condition préalable du plan Marshall. C'est exactement le contraire. C'est la politique américaine officielle de l'après-guerre qui avait favorisé l'unité, dans le même esprit qu'elle proposa le plan Marshall non pas aux seuls pays capitalistes, mais à toute l'Europe sans aucune discrimination.
La plus vieille et la plus forte des centrales américaines, l'A.F.L., avait d'ailleurs refusé de suivre le courant et d'adhérer à la F.S.M. Le plan Marshall, que les businessmen des Etats-Unis n'acceptèrent que sous la contrainte, fut longuement discuté par les syndicatsàméricains, avant d'être soumis à la F.S.M.
Mais déjà Staline avait pris position. Non seulement il refusait la participation au plan Marshall et obligeait les satellites à s'aligner sur l'U.R.S.S. (même la Tchécoslovaquie qui en avait accepté le principe et dont la rupture avec l'Occident provoqua le putsch stalinien et l'élimination de l'équipe Benès-Mazaryck), mais il ordonnait à ses agents de l'Occident de déchàîner des grèves annoncées par Molotov sous les termes de «bourrasque et d'ouragan ».
Ce ne sont pas les syndicats américains qui ont imposé l'approbation du plan Marshall. C:'est le bureau de la F.S.ft.1. qui a opposé le force d'inertie à la proposition d'ouverture d'un débat sur le plan Marshall. Et c'est la Centrale syndicale suisse qui fut l'une des premjères à rompre avec la pseudo-lnternationale, dont ne peut dire qu'elle est politisée, mais vassalisée.
Déjà, au lendemain de la guerre, l'attitude de sa majorité bafouait les plus hautes traditions de l'internationalisme ouvrier, en préconisant l'organisation du travail forcé en Allemagne.
Depuis 1948, elle n'a jamais soutenu d'autres théses qtze celles du gouvernement de t'v! oscou. Son manifeste du Premier Mai 1950 proclamait que: « la grande UR.S,S., bastion de la Paix, assure l'élévation constante du niveau de vie et de la culture de ses peuples et que, dans les pays de démocratie populaire, on établit les fondations du régime socialiste ».
Son président Louis Saillant - un Français (hélas!) ... « pas communiste, MAIS ... » -11

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'f-" - poussait l'inconscience - jusqu'à justifier 4 ainsi l'interdiction des grèves dans l'empire
stalinien:« les ouvriers de l'U.R.S,S. et des démocraties populaires ne vont pas se mettre , en grève pour faire plaisir aux impérialistes
occidentaux ... ».

Enfin, après la rupture entre Staline et Tito, elle exclut purement et simplement les syndicats yougoslaves, cependant dirigés par des communistes authentiques (14 mai 1950).
De telles décisions fixent non l'action tem'poraire, mais la nature et le caractère de la F.S.M. Sans doute, ses contrôles fixent-ils à 92 millions le nombre de ses adhérents.' 78 à 80 millions sont enregistrés dans les pays soumis à Moscou, où l'adhésion aux syndicats n'est peut-être pas formellement obligatoire, mais où le pluralisme syndical est interdit et le monopole syndical réservé à des appareils de l'Etat.
Les 10 ou 12 millions d'adhérents, hors de l'empire post-stalinien, appartiennent aux syndicats des pays démocratiques, colonisés par les partis khroutchtcheviens, ou aux pays extra-européens, là où les indigènes, révoltés contre un colonialisme qu'ils connaissent, soutiennent inconsciemment un colonialisme qu'ils ignorent encore.
La nature de la C.I,S.L.
Nous réservons le titre de syndicats ouvriers, quelle que soit la tendance de leurs dirigeants (révolutionnaire ou réformiste, socialiste, communiste, libertaire ... ou neutre), aux groupements dont la base de classe est indéniable et dont le recrutement n'est pas fonction d'une politique gouvernementale ou partisane. '
La Confédération Internationale des Syn, dicats Libres est-elle conforme à ces critères?
Les plus puissantes organisations qui l'ont
,constituée (A,F.L. et c.I.O. américains, Trade-Unions britanniques, centrales allemande, belge, suisse, scandinaves ... ) sont demeurées telles qu' elles étaient avant la
,scission de 1948. Les centrales française et italienne sont en effet nées de scissions, mais nationales. En France, la C.G.T.F.O. s'est constituée lorsque la C.G.T. à direction communiste organisait ]' ouragan annoncé par Moscou. Elle maintint son adhêsion à la F.S.M., jusqu'à la scission de celle-ci.
On peut reprocher aux centrales adhérentes d'être trop nationales. Aûc'une cependant ne dépend organiquement et légalement d'un Etat national. La c.l.S.L. a même rejeté l'adhésion de centrales syndicales soumises directement à la contrainte étatique.
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Elle compterait 53 millions d'adhérents, La vieille F.S.l., en 1939 - privée des centrales allemande, autrichienne, italienne, tchécoslovaque, espagnole, représentées symboliquement par des groupes d'émigrés - n'atteignait certainement pas 20 millions d'adhérents et surtout ne groupait hors d'Europe - en dehors de l'A.F.L. et de la C.G.T. mexicaine - que 150.000 travailleurs du Canada, 10.000 de Palestine et 10,000 d'Afrique du Sud,
Dès sa fondation, la c.l.S.L. groupait, outre 20 millions de travailleurs européens et plus· de 13 millions aux U.S.A.: 6 millions de travailleurs américains, 8 millions d'Afrique, d'Asie et d'Océanie, sur lesquels 400.000 en Chine, 2 millions dans l'Inde, 4 millions au Japon.
Même si on la jugeait liée à l'Alliance Atlantique, elle en refléterait toutes les contradictions internes. Ce qui est significatif, c'est que les oppositions s'expriment, sinon dans l'organe exécutif. au moins dans les congrès et dans la presse.
On a entendu des syndicats libres affirmer leur brutale opposition à leurs gouvernements et aux gouvernements des Etats-Unis, de France et d'Angleterre. La c.l.S.L. inclut dans son sein des centrales indigènes d'Afrique du Nord qui ont soulevé quelque irritation dans la C.G.T.F,O. par leur brutale opposition à la politique française. D'autres centrales africaines ont attaqué aussi nettement la politique anglaise. On notera encore la polémique soulevée entre des militants de l'Inde et des Etats-Unis sur le neutralisme.
Trois faits significatifs éclairent les tendances de la c.I.S.L. :
Sa prise de position contre L'intégration de l'Espagne franquiste dans l'Alliance atlantique, cependant engagée par le gouvernement des Etats-Unis, Dour des raisons d'ailleurs autant économiq~es que stratégiques.
Sa prise de position contre le colonialisme français, qui contraste avec la neutralité bienveillante de IÏnternationale Socialiste à l'égard du gouvernement socialiste MolletLacoste, responsable de l'intensification de la « pacification algérienne» et de l'odieuse et absurde agression contre l'Egypte.
Enfin, la justification symbolique, symptomatique et émOU1Jante de la révolte des peuples de coulem' - sacrifiés en holocauste aux civilisations occidentales - var le vlus illustre renrésentant des Noirs' d'Amériaue du
Nord: -
l
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Interventions et négations îllternationalistes
La C.l.S.L. peut-elle promouvoir une politique ouvrière internationale? Ses possibilités ne sont pas niables. Sa structure correspond à la situation actuelle du monde nonstalinisé. Son recrutement lui assure une indépendance presque absolue à l'égard des Etats et des partis. Tout dépend donc de ses capacités propres, c'est-à-dire de ce que J'on pourrait appeler les conditions subjectiues de l'internationalisme ouvrier.
Une politique ouvrière internationale dépend d'une solidarité concrète entre les tra- , vailleurs d'une mème industrie de tous les pays; aussi par des solutions ouvriètes concrètes, directes sur des sujets qui ne! dépendent directement ni d'inspirations nationales, ni d'inspications purement professionnelles.
Ce qui implique le droit pour l'Internationa-le d'intervenir, sans tenir compte de la souveraineté des Etats, dans tous les pays, lorsque se posent des questions aux incidences mondiales, en ne respectant l'autonomie des centrales nationales que dans J'action propre des syndicats sur le plan local. régional Ott national.
Prenons deux exemples précis. La c.l.S.L. ne peut se substituer à la centrale belge pour la solution de la crise du Borinage. Mais elle doit proposer des solutions à la crise européenne du charbon, sans se laisser influencer par les égoïsmes nationaux.
La c.l.S,L. ne peut se substituer à la C.G,T.F.O. pour la défense des revendications des agents et fonctionnaires français en Afrique du Nord. Elle doit intervenir pour défendre les travailleurs indigènes" iorsque les intérêts de ceux-ci sont en opposition flaÇlrante avec les privilèges colonialistes de fonctionnaires français, même adhérents à
O.
La c.l.S!L. doit étendre, sur le plan international, l'expérience de structure' à la fois horizontale et verticale instituée par la vieille C.G.T, française.
Deux bases de l' organisati~n : les secrétariats professionnels internationaux et les centrales nationales.
Le regretté Edo Fimmen, président de l'Internationale des Transports, avait proposé, au sein de J'ancienne Fédération Syndicale Internationale, une large autonomie pour les S.P.l. (secrétariats professionnels internationaux). Il ne fut pas suivi.
Cependant, on admet, dans la c.l.S.L., que les S.P.l. jouissent d'une assez large liberté de mouvement. Comparaison significative : les départements professionnels de la F.S.M.
sont au contraire strictement subordonnés au centre ... c'est-à-dire à Moscou. Ce qui veut dire qu'ils n'ont aucune existence réelle.
Mais, dans la c.l.S,L., il est indispensable d'aller beaucoup plus loin. Aux S,P.I.. il appartient de fixer les revendications des ouvriers de chaaue industrie, comote tenu des conditions techniques les plus a;ancées. Aux centrales nationales, il appartient de prévoir l'adaptation des travailleurs aux progrès techniques qui brisent les barrières artificielles nationales.
* * *
Mais il est trois négations, préalables à toute action internationale, qui doivent être formulées et se diffuser, comme des idéesforces, dans le monde entier.
Dire NON ail totalitarisme d'Etat où propriété et pouvoir sont aux mains de l'Etat, c'est-à-dire d'une caste priuilégiée.
Dire NON à la dictature politique impliquant· des monopoles privés de la propriété, ce qui implique de dire NON aux nationa~ lismes dans les pays indllstrialisés.
Dire NON à la' colonisation, c'est-à-dire à la super-exploitation des indigènes, que la puissance politique étrangère impose la subordination économique ou que de puissants intérêts économiques étrangers soutiennent une dictature politique nationale.
Des négations qui sonnent clair, et l'organisation de la solidarité concrète, active avec les victimes de l'oppression et de l'exploitation.
Des nég~ticns qui n'C;' s'affe::::i::;sent pas C~ ne s'amollissent pas, selon les fluctuations des politiques gouvernementales. Comme disait un jour Irving Brown: un premier choix s'impose entre la liberté relatiue et la servitude absolue.
La défense des libertés fondamentales et plus particulièrement de la liberté de coalition, de revendication et d'actîon, le droit syndical réel (ce qui exclut aussi bien l'interdiction des syndicats que l'obligatîon et le monopole syndicaux), pour le mouvement ouvrier, ce n'est pas une condition favorable,
c'est une nécessité vitale, -
L'organisation de la solidarité internationale
La c.r.S.L. peut soutenîr le programme d'aide aux pays sous-développés proposé par M, Edgard Faure (voir ci-dessus) avec d'autant plus d'aisance qu'il reprend presque exactement celui proposé par Walter,Reuter en 1950.
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Les deux principes fondamentaux qui marquent son originalité, c'est la création d'organismes internationaux à la fois indépendants des gouvernements et soumis au contrôle d'une représentation des peuples.
C'est la liaison de l'aide économique avec le désarmement général contrôlé.
Le premier principe impose une cotisation obligatoire des peuples calculée en pourcentage du budget national. sinon du revenu national (l'évaluation de celui-ci se révélant assez diHicile). L'aide ne peut dépendre de votes parlementaires nationaux, pas plus que des obligations d'une sécurité militaire au reste aléatoire. Elle ne doit pas se présenter comme une œuvre charitable, distribuant dons et subventions. Elle réglera le rythme des étapes que nous avons déjà précisées de l'industrialisation des pays sous-développés: réforme agraire, urbanisation progressive, formation d'une classe ouvrière capable d'agir par ses organisations propres et d'une élite technique et intellectuelle. Dans J'immédiat, elle établira des règles d'exportation des matières premières originaires des pays aidés, hors des lois du marché mondial et du protectionnisme des nations' industrielles.

La croisade sous la ballnièr,e de l'Internationale
Le second principe conditionne la collaboration Est-Ouest. Nous ne croyons pas que les Etats totalitaires puissent s'y soumettre. Un contrôle efficace n'est d'ailleurs possible que lorsqu'un pays accepte l'information libre, la libre circulation des hommes et des idées, le droit des oppositions.
S'il faut se résigner à l'éviction des Etats totalitaires, ce n'est pas un motif suffisant pour intégrer de force les pays aidés dans un système d'alliances. Mais c'est le moyen d'engager dans le monde entier une propagande intense autour des idées et des propositions que porte le projet. La fameuse croisade communiste n'est qu'un des moyens d'expansion de l'impérialisme moscoutaire. Il n'est pas question de baptiser «croisade» une guerre préventive contre celui-ci. Mais l'effort de la classe ouvrière internationale pour contenir, refouler ou dissocier le totalitarisme. c'est un message de même style que les prédications humanitaires du XIX' siècle, que les proclamations antifascistes du XX' siècle,
Cette aide internationale, qui prépare linternation, n'exclut pas a 'priori l'exportation
des capitaux. •
Celle-ci, soumise à la loi du profit, n'est pas obligatoirement réactionnaire, si l'anti14 -
thèse est possible, c'est-à-dire si l'on organise la solidarité entre les tra~'ailleurs du pays d'origine et ceux du !Jays destinataire, Mission essentielle des secrétariats professionnels internationaux.
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On nous reprochera sans doute un excès d'ambition, des illusions utopiques, peut-être aussI un empirisme déèevant. C'est que, pour nous, l'action, le mouvement ont plus d'importance que les idées abstraites. C'est aussi que nous sommes, comme tous les gens qui cherchent le permanent sous les accidents de J'actualité, angoissés par le retard des conceptions humaines sur les progrès des techniques.
Le plus grave danger pour une Internationale ouvrière, c'est de vouloir une unité doctrinale totale qui est impossible à atteindre, sinon par l'artifice d'un bureaucratisme omnipotent. Il est normal que les grandes tendances ouvrières y aient droit de cité: par exemple le socialisme marxiste et le tradeunionisme. Ce qui est également normal. mais terriblement décevant, c'est qu'elles soient représentées par des centrales nationales. Que ces deux tendances aussi s'évadent des conformismes nationaux. Que chaque délégation à la C.I.S.L. re,orésente non une direction homoqène, mais line vivante figure de
mosaïque démocratique! . -
Ces deux tendances sont encore trop cristallisées. Il est des courants qui dérangent les lignes et bouleversent les situations ac-' quises. Ainsi ce qu'on appelle le socialisme libertaire et le syndicalisme révolutionnaire. On en retrouve partout des éléments actifs, qui animent même la Centrale suédoise syndicaliste libertaire et la vieille Confédération nationale du Travail espagnole. Loin de les mépriser, la c.r.S.L. doit les admettre dans son sein .les entendre aux jours de crise, de désarroi ou d'offensive.
L'internationalisme ouvrier ne revivra, ne se régénèrera que s'il groupe sous sa bannière ceux qui acceptent de vivre dangereusement, qui croient en la pleine efficacité de l'action humaine, en qui l'administrateur n'a pas tué l'apôtre.
Roger HAGNAUER.
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(1) Mes lecteurs belges Voudl'ont bien croire que je n'asso~ cie pas leur pays aux nations européennes responsaDles du conflit de 1914. La Belgique fut vraiment une victime Innocente. Faut~tI cependant préciser que la violation de la neutralité belge était prévue par tous les observateurs Intelligents? On a même reproché au gouvernement anglais de ne pas avoir 'proclamé, avant le début -Iles hostilltés. sa volonté de détendre cette neutralité.
On trouvera. dans les deux tomes du livre d'Alfred Rosmer, «Le Mouvement ouvrier pendant la Guerre :t, tOtlS les documents sur l'attitude des syndicalistes e~ socialistes européens en 1914. En particulier des pré· clslons sur le rOle joué par Iswolsky, amba3sadeur russe à Paris, et son influen<ce indénIable sur le président de la République, Ra/'mond Poincaré.
(2) Cf. livre d'A. Rosmer.
(3) Cf. «Le.:i ouvriers en Union Soviétique:f, de Salomon Schwarz.
(4) Karl KautSkY. Rosa Luxembourg, Hilferding, Lénine ont consacré au phénomène leurs œuvres principales. Robert Louzon a exprimé des thèses originales dans ses brochures sur l'impérialisme. Lucien Laurat a vulgarblé lei; Ulhne~ ess .. nUels, particulièrement dam; sa brochure «Du Komintern au Kominform:f, à laquelle nou.s empruntons certaines de nos définitions. 1
(5) Il est lntéreasant de noter que la politique ~édérale d'Immigration a évolué selon les nécessités de l'expansion capitaliste. Il'rontlère ouverte pendant la première étape, frontil're t'ermée lorsque la maIn-d'œUVre Im~ ·portée rl~quait d'accentuer la lutte des classes, front1lWe entrebâ,1ll6e avec filtrage organisé aujourd'hui.
(6) Samuel Gompers, fondateur de l'American Federation ot Labor, et David DublllSky, le president actuel d~ la. puissante Union de la Confection pour Dames. étaient tous deux des Immigrants d'Europe centrale.
(1) Les Etats~Unis, patrie de la libre entreprise, subissent aujourd'hui des contrOles très rigoureux sur les béné~ flces industriels et financiers. et un protectionnisme agricole particulièrement lourd.
(8) Cf. livre de Salomon Schwartz, déjà cité.
t9) Le ~l:'cr~taire de la F(id~ratlon des BCoorses du Travail qui t'ut le pionnier du syndicalismE:: révolutionnaire français.
(10) Ct'. le livre de Paul Barton sur le système concentrationnaire en U.R.S.S.
(11) C'pst la fam(:use 101 de Malthus que l'on reprend a.u~ jourd'hul, quoiqU'elle ne soit pas vérifiée exactement.
(12) Le prOfesseur Sauvy est certainement un savant éml~ nent. Mais, victime de ses. «préalables systématiques », il s'ef:t souvent lourdement trompé, Pen pal·ti.culier dans ses prévialons sur l'a venir de l' U. R. S. S.
(13) C'est ainsi qu'aux conférences Internationales de grands producteurs agricoles, les dons de «surplus» amérl· cains ont été incriminés comme faussant les règles dU marché mondial.
(14) Cest la thèse soutenue par Michel Collinet dans «Le Contrat social », de juillet Ul59.
(16) La Première lnternatlomtle groupait des associations ouvrières et <les partis politiques.
(11) 11 convient de noter que certains de ces secrétariats s'étaient formés en marge de l'Internationale Socialiste.
(18) Cf. « Expériences\ syndicales internationales :f, de U.
Letranc.


Çà c'est une vraie militante
à l'occasion du prochain anniversaire dn P. S. B.,
elle affiche tout aU même prLx
- 15

Roger HAGNAUER.


[*] en savoir plus sur :

- la Centrale d'éducation socialiste, crée en 1911 à Bruxelles, devenu le PAC, Présence et Action Culturelle, qui a édité la revue « Éducation et Socialisme »,

- sur la Révolution prolétarienne (textes publiés dans la R.P.) sur le site de

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